Parenté de la peinture et de l’écriture narrative

Bonjour,

J’ai décidé d’aborder sur mon blogue, les livres de la grande écrivaine britannique, Virginia Woolf. Pourquoi? J’aime beaucoup la plume de cette dernière et il y a quelques semaines, j’ai relu un de ses livres et je me suis dit que j’avais envie de rédiger un article pour jeter un nouveau regard sur son univers. J’espère que vous aimerez cette chronique!

Le point de départ de ce sujet pourrait être les propos de Pierre Nordon dans le dossier consacré à Virginia Woolf dans le numéro de décembre 2004 du Magazine Littéraire :

« (…) car l’une des innovations les plus marquantes de Virginia est d’avoir volontairement transposé en littérature la pratique des impressionnistes. La Promenade au phare marque avec le personnage de Lily Briscoe, cette parenté de la peinture et de l’écriture narrative. »

Dans le premier article du dossier consacré à Virginia Woolf dans le numéro d’avril 2012, on peut lire les propos suivants d’Augustin Trapenard :

 (…) son projet visionnaire d’élargir l’idée que nous nous faisons du roman?. En étudiant précisément la plasticité de ses romans – en particulièrement l’entremêlement des arts que sont la littérature et la peinture la photographie ou même le cinéma -, ne voit-on pas se dessiner comme une brèche ouverte sur un au-dessus du texte? »

Alexandra Lemasson a consacré un livre à Virginia Woolf. Je note deux passages d’une même page de son livre :

« (…) dans La Promenade au pare les problématiques relatives à l’écriture et à la peinture finissent par se rejoindre.

L’écrivaine poursuit avec les mots suivants :

« le mot de la fin revient à Lily, le peintre. J’ai eu ma vision, dit-elle. Voilà la seule chose qui compte désormais pour Virginia qui va lui consacrer le restant de son existence. Écrire pour tenter de retranscrire avec des mots ce que sa sœur transcris en couleurs.

Je me suis permis de citer trois auteurs qui viennent confirmer le titre de mon article. Si j’ai insisté c’est qu’il n’est pas facile de trouver des mots des romans de Virginia qui viennent appuyer ces propos. Je pense, dans un premier temps,  à deux façons de comprendre : trouver des propos de Virginia dans son Journal intégral qui appuient ces propos et ensuite tenter de commenter quelques uns des tableaux peints par la sœur de Virginia, Vanessa.

Je vais tenter d’illustrer cela en vous montrant à la fin de mon article des photos des tableaux de Vanessa, la sœur de Virginia. On en retrouve cinq ou six dans le numéro du Magazine Littéraire d’avril 2012. Quand j’ai terminé la lecture du roman en même temps que Madame lit, comme je l’ai souligné, je suis retourné vérifier la documentation que je possédais sur Virginia Woolf et j’ai retrouvé ce numéro. En observant les photos je pensais à des passages du roman qui pourraient illustrer de tels propos.

Un autre passage du livre d’Alexandra Lemasson est intéressant :

« Dans La Promenade au phare, Virginia donne une illustration de la relation si complexe qu’elle entretient avec sa sœur. Lily Briscoe, jeune peintre qui se débat tout au long du livre avec un tableau, lui ressemble comme une sœur. Une expression à prendre au pied de la lettre puisque Lily, à sa manière, fait la synthèse de Vanessa et de Virginia. »

Lily Briscoe est vraiment un personnage important dans le roman La Promenade au phare. On la voit au début du roman installée avec son chevalet en train de peindre un tableau d’une femme avec son enfant. Ces deux personnages sont Mrs Ramsay et son fils qui veut tellement aller au phare. On retrouvera la peintre dans la dernière partie du roman. Le roman se termine au moment où Lily a complété son tableau. Un passage significatif de la préface de Françoise Pellan illustre ce lien entre la peinture et la littérature :

« Du point de vue de la forme et de la technique narrative, l’œuvre ne respectait cependant pas davantage les conventions du genre romanesque et n’était pas moins de nature à déconcerter ses premiers lecteurs. Empruntant au domaine pictural le principe de sa composition, elle se présente sous la forme d’un triptyque. »

Un passage du chapitre 4 du roman nous lance dans une autre direction pour comprendre ce lien entre la peinture et la littérature. On évoque le travail de Lily en train de peindre :

« C’est dans ce passage éclair de l’image à la toile que l’assaillaient les démons qui souvent la mettaient au bord des larmes et rendaient le passage de la conception à l’exécution aussi redoutable que l’est pour un enfant la traversée d’un couloir obscur. »

Pour bien faire voir ce rapprochement entre les deux arts j’ai retrouvé dans le Journal des propos de ce qui se passe entre une pensée et le mot que l’on met sur papier. C’est un texte de 1026 dans lequel s’exprime sur le roman qu’elle entreprend, Vers le Phare :

« Car c’est bien ce que serait le livre entièrement, uniquement et sans réserve fait de nos pensées. Supposons que l’on puisse les saisir avant qu’elles ne se changent en « œuvres d’art »? Les attraper au vol alors qu’elles nous viennent inopinément à l’esprit ; en gravissant la colline d’Asheham, par exemple. Bien sûr, cela n’est pas possible, car le recours au langage est lent et illusoire. Il faut s’arrêter pour trouver un mot, et il y a aussi le moule de la phrase, qui demande à être rempli.« 

J’ai donc retrouvé trois photos qui illustrent d’une certaine façon mes propos sur cette parenté de la peinture et de l’écriture narrative. Elles se retrouvent dans le numéro d’avril 2012 du Magazine Littéraire. L’une nous montre l’écrivaine assise à l’extérieur, une seconde nous présente Lytton Strachey. Il est un écrivain et un biographe qui était connu de la famille. La troisième a un titre énigmatique quand on observe cette toile de 1912, Conversation Place.

La première photo que je vous fais voir est celle de Lytton Strachey. Les mots que vous verrez sont ceux que m’ont inspiré en observant attentivement la reproduction de ce tableau. Vous verrez à la droite la photo les mots de Virginia Woolf dans son texte Une esquisse du passé.

« Si j’étais peintre, je rendrais ces premières impressions en jaune pâle, argent et vert. Il y avait le store jaune pâle ; la mer verte ; le gris argent des fleurs de la passion. Je représenterais une forme sphérique ; semi-translucide. Je représenterais des pétales recourbés ; des coquillages, des choses semi-translucides ; je tracerais des formes arrondies, à travers lesquelles on verrait la lumière, mais qui demeureraient imprécises. Tout serait vaste et indistinct ; et ce qu’on verrait on l’entendrais aussi ; des sons sortiraient de tel pétale ou telle feuille – des sons indissociables de l’image.

La seconde image est le tableau de Vanessa Bell de 1912 qui a pour titre Conversation Place.

On voit donc un lieu pour une conversation où se retrouvent trois personnes. On en voit deux et on entrevoit une personne sur la droite du tableau. Cela me semble aussi énigmatique que les trois premiers paragraphes du roman Les Vagues de Virginia :

« Je vois un anneau, dit Bernard, suspendu au-dessus de moi. Il frémit suspendu dans une boucle de lumière. »

« Je vois une dalle d’un jaune pâle, dit Susan, qui s’étend jusqu’à une raie pourpre. »

« J’entends un son, dit Rhonda, gazouillis, guilleri ; gazouillis, guilleri ; qui monte et qui descend. »

La troisième tableau nous permet de voir l’écrivaine Virginia assise à l’extérieur. Cette image ouvre le dossier consacré à Virginia Woolf dans le le numéro d’avril 2012. Je vous laisse mettre des mots à cette image et vous fais aussi voir les deux premières pages de ce dossier. Cette page de droite est très significative quand vous en lirez le titre :

J’espère que vous avez apprécié cet article. Peut-être vous fera-t-il connaître cette grande écrivaine britannique que j’apprécie beaucoup.

Avez-vous lu un ou deux romans de cette écrivaine?

Si vous en avez lu plus d’un vous pourriez me dire celui que vous avez préféré dans les commentaires. Merci et au plaisir de vous lire!

Vous pouvez aussi me rejoindre par mail : rbrtgbnt@gmail.com

2 réflexions au sujet de « Parenté de la peinture et de l’écriture narrative »

  1. J’adore Virginia Woolf! Quel beau travail de recension vous avez présenté pour nous permettre d’ouvrir un nouvel horizon en lisant les textes de cette merveilleuse écrivaine. Pour répondre à votre question, j’ai lu : «Vers le phare», «Mrs Dalloway», «Les vagues», «Flush» et je souhaite lire cet été «Orlando». Merci pour cet article fort intéressant!

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